3 janvier 2010 – Guinée – Indécrottables fêtards

Une gueule de bois pas possible à la reprise du boulot. La bouche pâteuse, l’esprit embrouillé, le corps moulu et le pas lourd. Alors que le patron attendait que vous ayez soufflé un grand coup pour mieux vous élancer dans un nouveau sprint marathonien émaillé de rendez-vous à la chaîne, de performances et de ventes haussières.  Sera-ce votre fête? Rassurez-vous, vous êtes irremplaçable, du moins à court terme.

En Guinée Conakry, on a fêté aussi, avec beaucoup de coeur, d’humeurs, d’odeurs et de couleurs. A l’inverse de son cousin helvétique, le sapin de Noël guinéen est enneigé sur un fond de chlorophylle. Les autres accessoires festifs sont eux plutôt universels. 

Dans le monde des enfants, on est sérieux. Les bambins ont déjà compris l’importance de cavaler en bon ordre et à tout rompre dès le début de la course 2010. Et que les sièges convoités et peut-être décrochés ne sont que des sièges éjectables, car les candidats sont nombreux.

Dans le monde des adultes, les priorités pour 2010 s’affichent déjà, peu orientées vers la productivité. Côté féminin, des lignes vestimentaires et capillaires plutôt classiques et surtout très bcbg. Côté masculin, le grand rendez-vous footballistique d’Afrique du Sud, griffé d’une superbe empreinte écologique conçue lors du récent Sommet sur le climat à Copenhague. 

A la tombée de la nuit, les adultes mobilisent leurs énergies et leurs talents musicaux et chorégraphiques dans de mémorables fêtes tropicales en bord de mer. On y danse avec un coeur léger au son des superbes instruments musicaux traditionnels guinéens. Sans leur taille, ils orneraient déjà la grand-salle de mon château de sable.

Pour naviguer au mieux dans les méandres et entre les écueils de l’année 2010, le pêcheur ci-dessous compte sur son bateau et son port d’attache, sur l’Amour et le Créateur. Beau plan d’action à présenter lundi matin à votre patron pour mieux dissimuler votre mal de tête et votre vague à l’âme. 

Ici comme ailleurs, nous sommes décidément d’indécrottables fêtards. Et c’est tant mieux, car nous en avons bien besoin. Je vous laisse, j’ai des heures de sommeil à récupérer avant la reprise de demain…

Bien à Vous,

Bertrand