22 mai 2009 – Mali – Djenné

Djenné est née jadis de l’union charnelle de l’eau et de la terre. Aujourd’hui encore, la ville millénaire se pelotonne sur son île fluviale, protégée par deux bras du Bani, affluent du Niger. Aujourd’hui encore, elle s’habille exclusivement de banco pour s’abriter des ardeurs solaires, des intempéries et des regards indiscrets.

La nuit tombée ne diminue guère la chaleur diurne. Aussi la meilleure chambre consiste en un matelas jeté sur un toit plat, avec pour plafond la voûte céleste illuminée d’une lune pleine. Alentour, des édifices jettent des silhouettes presque menaçantes, massives et hérissées de piques. Seule touche de modernité cosmopolite, du son cubain dérobé par le vent à un groupe de noctambules locaux.

Lever à la pointe du jour afin d’éviter la fournaise. Le paysage urbain de Djenné se dévoile. Les formes massives des édifices gagnent en élégance, leurs piques se muent en des branches de palmier fichées dans le banco pour stabiliser la structure et faciliter son entretien. La rue s’anime déjà car nous sommes lundi, jour du marché hebdomadaire qui draine les foules loin à la ronde depuis des siècles.

Avec l’essor du commerce transsaharien aux XIVe et XVe siècles, Djenné, comme Tombouctou, s’est posée comme un centre commercial et un foyer culturel baigné d’influences sahéliennes, soudanaises et arabo- musulmanes. Ce bouillon culturel se retrouve dans sa grande mosquée, dont l’actuelle mouture, jeune d’un siècle d’âge, constitue le plus imposant édifice de banco d’Afrique subsaharienne.

La grande mosquée a pignon sur la place du grand marché. Symbole de la connivence historique entre l’essor de l’Islam et du commerce transsaharien. Le marché hebdomadaire, quant à lui, n’a que peu de biens alléchants pour l’Occidental blasé. Mais les échanges sociaux et les caractères croisés sont fascinants.

Assez de coups de plume, le reste se voit et se vit.

 

Bien à Vous,

Bertrand